iv. Fiche de renseignements : La santé sexuelle





Bien que la sexualité soit importante dans la vie des filles et des jeunes femmes, on en parle rarement dans les milieux conventionnels. Une « sexualité saine » est composée d’une multitude d’éléments, qui varient d’une personne à une autre en fonction du contexte. L’accès à l’information et aux ressources existantes, le fait de se connaître, d’être consciente de ses propres désirs, de son orientation sexuelle, de ses aptitudes interpersonnelles et communicationnelles… Voilà quelques-uns des facteurs à considérer pour avoir une sexualité saine.

 

La sexualité est une dimension centrale de l’identité et de la santé d’une fille. Nous offrons de l’information à ce sujet dans le but de déconstruire les préjugés, de présenter aux filles de nouvelles perspectives sur la sexualité (autres que celle, très limitée, véhiculée par les médias) et d’initier le dialogue. Nous espérons que ces informations vous serviront à répondre aux questions des filles et alimenteront vos processus d’apprentissage et de renforcement du pouvoir d’agir.

 

 

1) La santé sexuelle

 

a. L’autonomie sociale

 

  • Informez-vous.

  • Exigez que des ressources pertinentes, des mesures de prévention, de l’information et des soins de santé soient disponibles et accessibles pour vous et votre (vos) partenaire(s).

  • Dirigez plutôt votre attention à pratiquer et partager vos aptitudes en communication au lieu d’échanger des données factuelles sur les pratiques sexuelles saines. Les jeunes femmes sont plus susceptibles d’exprimer leur besoin d’avoir plus de renseignements sur les techniques de négociation et de communication, ainsi que de savoir comment aborder les conséquences émotives d’une vie sexuelle active.1 

  • Participez à la mise sur pied de programmes d’éducation de pairE à pairE, tels que le Projet Sense mis en place par Head and Hands.2 Une étude menée récemment au Canada démontre que la majorité des adolescentes feront plus volontiers appel à leurs pairEs qu’à leurs parents, professeurEs ou médecin si elles pensent avoir contracté une infection transmise sexuellement.3 Les pairEs sont bien placéEs pour offrir des modèles de comportements sociaux positifs, établir de nouvelles normes en matière de santé sexuelle et référer leurs amiEs à des professionnelLEs (que les jeunes n’aborderaient pas spontanément).4 Les conseils des pairEs jouent un rôle plus efficace que les programmes d’éducation menés par des adultes en matière de changement de perception des risques de transmission du VIH et de volonté d’agir en faveur de la prévention de la transmission de ITS.5

  • Abordez l’éducation sexuelle dans une perspective positive de la sexualité.

    • Une étude de l’Organisation mondiale de la santé, menée sur 35 programmes d’éducation sexuelle partout dans le monde, documente l’inefficacité relative de l’éducation axée uniquement sur l’abstinence pour ralentir la prolifération des ITS.6

    • Les programmes axés uniquement sur l’abstinence nuisent aux jeunes lesbiennes, gais, transgenres et bisexuelLEs (LGTB) : ces programmes ne tiennent généralement pas compte de l’homosexualité, sauf dans les contextes de transmission du VIH.7

    • Des études démontrent que les jeunes qui prennent part à des programmes d’éducation sexuelle qui sont ouverts à l’homosexualité ont moins tendance à avoir des comportements sexuels à risque que les jeunes qui participent à des programmes axés exclusivement sur l’abstinence.8

  • Tenez compte des facteurs de réussite des programmes de prévention du VIH/SIDA

  1. Le programme doit être fondé sur une théorie de l’apprentissage et des changements de comportement.

  2. Le programme doit intégrer les caractéristiques culturelles ou communautaires du groupe cible.

  3. Le programme doit inclure le développement d’aptitudes en communication et en négociation.

  4. Le programme doit traiter des obstacles systémiques tels que le racisme, le sexisme et la pauvreté.9

 

 

b. Le désir et la sexualité

 

  • Le respect de soi, le consentement et des communications franches sont la base pour une santé sexuelle et des relations sexuelles saines.

  • La plupart des personnes sont des êtres sexuels et il est normal et sain pour les femmes d’éprouver du désir sexuel.10

  • La culture nord-américaine communique aux femmes et aux hommes des messages contradictoires à propos du sexe. On nous enseigne souvent que l’amour est conditionnel aux relations sexuelles, que les relations sexuelles sont une dimension importante de la vie d’un adulte ou que l’activité sexuelle confirme que nous sommes désirables. Le sexe peut être tout ça, mais le contraire est aussi possible.

  • Le désir sexuel, selon le paradigme traditionnel, est masculin : les filles, elles, sont censées rechercher l’amour et la romance. Les filles sont constamment éduquées à ignorer leurs intérêts sexuels.11

  • Certaines femmes n’ont pas d’orgasme lorsqu’elles ont des relations sexuelles avec un ou une partenaire. Peu de femmes atteignent l’orgasme seulement par stimulation vaginale. L’orgasme peut s’obtenir par la stimulation du clitoris. Certaines femmes peuvent avoir plusieurs orgasmes de suite.12 L’atteinte de la satisfaction sexuelle est très personnelle et peut varier complètement d’une personne à une autre.

  • Une femme qui a déjà vécu ou qui vit de la violence conjugale ou des agressions sexuelles peut avoir plus de mal à apprécier les relations sexuelles. La réponse sexuelle d’une femme peut être inhibée si elle n’a pas confiance en son/sa partenaire ou si elle et son/sa partenaire communiquent mal.13

  • Dès 14 ou 15 ans, 10 % des filles et des garçons ont déjà eu des rapports sexuels.14

 

 

c. Principes directeurs d’une sexualité saine

 

  • Les partenaires sexuels devraient toujours :

  • Avoir le consentement de l’unE et l’autre ;

  • Être capables de communiquer sincèrement ;

  • Traiter l’unE et l’autre avec respect ;

  • Être attentif et attentive au plaisir de l’autre ;

  • Se protéger mutuellement des blessures physiques et émotives, des grossesses non désirées et des infections transmises sexuellement ;

  • Accepter la responsabilité de leurs actes.15 

 

 

d. Renseignez-vous

 

Les infections transmises sexuellement (ITS) :

 

  • L'expression ITS (infection transmise sexuellement) est aujourd'hui utilisée plutôt que MTS (maladie transmise sexuellement). « ITS » est plus englobant parce que ce terme inclut des infections qui ne présentent pas de symptômes.16

  • Environ 4 % des jeunes de 15 à 24 ans qui ont eu des rapports sexuels auraient reçu un diagnostic de ITS.17 

  • Parmi les femmes et les hommes de 15 à 19 ans, le taux de contraction de la chlamydia est passé de 623 cas (en 1991) à 802 cas (en 2002) par 100 000 jeunes.18

  • Au Canada, le plus haut taux et la plus forte augmentation de cas d’ITS est parmi la population âgée de 15 à 24 ans.19

Le virus du papillome humain (VPH ou papillomavirus) 

 

Nous traitons particulièrement, dans cette fiche, du virus du papillome humain parce qu’un grand nombre de personnes le contractent chaque année. De plus, un débat sur le sujet a présentement cours dans le domaine de la recherche en santé au Canada.

 

On appelle virus du papillome humain (ou papillomavirus) un groupe de virus qui couvrent plus de 100 souches ou types de virus dont une trentaine sont transmissibles sexuellement. La plupart des personnes qui contractent le papillomavirus ne présentent aucun symptôme et se guérissent seules de l’infection. Les virus peuvent infecter la région génitale des hommes et des femmes, dont la peau du pénis, la vulve (région à l’extérieur du vagin), l’anus, les lèvres du vagin, le col de l’utérus ou le rectum.

 

Parmi ces virus, certains types comportent des risques élevés : ils peuvent donner lieu à des résultats anormaux aux tests de PAP. Ils peuvent aussi causer le cancer du col de l’utérus, de la vulve, du vagin, de l’anus ou du pénis. D’autres comportent des risques faibles : ils peuvent causer de légères anormalités dans les résultats des tests de PAP ou des verrues génitales.20

 

  • Le virus du papillome humain est l’une des ITS les plus courantes au Canada comme dans le monde.21

  • Un vaccin qui aide à prévenir la transmission de certains types de papillomavirus est disponible. Il offre une protection contre les types de papillomavirus responsables d’environ 70 % des cancers du col de l’utérus.22 Comme le vaccin contre le virus ne protège pas de tous les types de papillomavirus, même les personnes vaccinées risquent de contracter certains types de papillomavirus.23

 

Une campagne « d’immunisation » contre certaines souches du virus (pour des filles aussi jeunes que 9 ans) est actuellement en cours et suscite la controverse. La campagne, qui repose sur un programme de vaccination dans les écoles, est controversée en raison du lobby mené par Merck Frosst (la compagnie qui fabrique les vaccins Gardasil) juste avant l’annonce du gouvernement fédéral au sujet de l’investissement de 300 millions de dollars dans le programme d’immunisation. Plusieurs personnes sont d’avis que la population n’avait pas toute l’information nécessaire pour prendre une décision éclairée. Par exemple, les effets à long terme, tel que la durée de l’immunité fournie par le vaccin, ne sont pas connus. Gardasil n’est pas un « vaccin contre le cancer » et rien ne prouve adéquatement qu’il puisse prévenir « 70% des cancers du col de l’utérus ».24 Il est possible que la recherche démontre un jour que le vaccin contre le VPH contribue à prévenir le cancer du col de l’utérus, mais, pour le moment, bien des personnes pensent que les données actuelles ne justifient pas un programme de vaccination de masse.

 

Au Québec, entre autres, des groupes exigent que les personnes responsables de l’administration du programme mettent fin aux activités de vaccination. Ces groupes questionnent le fardeau disproportionné porté par les filles en matière de prévention du VPH et insistent plutôt pour que les millions de dollars investis dans la campagne soient redirigés vers une campagne visant l’amélioration des soins de santé pour les femmes, la sensibilisation, la prévention et l’éducation sexuelle, surtout chez les adolescentes.25

 

Le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) 

 

Le VIH est un rétrovirus qui peut mener au syndrome d’immunodéficience acquis (SIDA), un état humain qui provoque l’inefficacité du système immunitaire et qui ouvre la voie à des infections opportunistes mettant la vie de la personne atteinte en danger.26

 

  • Des facteurs socioculturels et physiologiques rendent les filles et les jeunes femmes particulièrement vulnérables au VIH. Par exemple, sur le plan physiologique, les lèvres vaginales des filles sont plus susceptibles de se déchirer que celles des femmes adultes, ce qui accroît le risque que le virus pénètre la circulation sanguine.27 Aussi, « lorsqu’une fille et un garçon ont des rapports sexuels non protégés, la fille a deux fois plus de chance de contracter le VIH que le garçon ».28

  • Au Canada, comme partout dans le monde, les jeunes femmes affichent des taux élevés de VIH. En 2001, au Canada, 44.5 % des personnes qui ont reçu un résultat positif au test du VIH sont des femmes entre 15 et 29 ans (par rapport à 41 % en 2000).29 

  • Le contact hétérosexuel et la consommation de drogues par injection sont les deux principaux facteurs de risque de transmission du VIH chez les femmes.30

  • Les jeunes en savent moins sur le VIH/SIDA aujourd’hui qu’il y a 20 ans.31 En 1989, plus de jeunes pensaient être susceptibles de contracter le VIH/SIDA qu’aujourd’hui. Des études récentes menées dans 15 pays démontrent que 50 % ou plus des filles de 15 à 19 ans ne savent pas qu’une personne qui paraît en santé peut être séropositive et transmettre le virus à d’autres.32

  • Chez les Autochtones,33 30 % des personnes séropositives sont des jeunes (de 20 à 29 ans), alors que chez les non-autochtones du Canada, 20 % des personnes infectées sont dans cette tranche d’âge. Des facteurs socioéconomiques tels que la colonisation, les internats, le racisme et la pauvreté exacerbent la vulnérabilité au VIH des populations autochtones.34

 

 

2) Des pratiques sexuelles plus saines

 

a. Les jeunes femmes allosexuelles, lesbiennes, bisexuelles et les pratiques sexuelles plus saines

 

  • Votre orientation sexuelle ne vous protège pas des infections transmises sexuellement. En fait, selon une étude récente réalisée auprès de 504 répondantes lesbiennes et bisexuelles, 26 % des femmes affirment avoir reçu un diagnostic d’ITS (Reuters Health, 1/26). Ce chiffre équivaut à une femme sur quatre.

  • Il arrive que les femmes lesbiennes et bisexuelles ne reçoivent pas les soins gynécologiques et médicaux appropriés parce qu’elles craignent des réactions homophobes de la part des professionnelLEs de la santé.35

  • Si une femme a un rapport sexuel avec une autre femme, elle n’a pas besoin d’utiliser un moyen de contraception. Elle est toutefois à risque de contracter une maladie transmise sexuellement. Les infections suivantes peuvent être transmises par des rapports sexuels entre femmes :

    • L’herpès ;

    • Les verrues génitales ;

    • Les morpions ;

    • La trichomonase ;

    • La vaginose bactérienne ;

    • Les infections aux levures ;

    • Très rarement, le VIH peut également être transmis d’une femme à une autre ;

    • Les femmes qui consomment des drogues par injection et qui partagent les seringues courent des risques plus élevés de contracter une infection, peu importe leur orientation sexuelle.36

 

b. Parler de sexe et de pratiques sexuelles saines

 

Voici quelques conseils pour aborder la question des rapports sexuels et des pratiques sexuelles sans risque, lorsqu’on veut créer un espace sécurisant et anti-oppressif :

  • Ne présumez pas que toutes les filles du groupe sont hétérosexuelles ;

  • Expliquez les moyens de se protéger pour divers types d’actes sexuels (donc les rapports entre femmes, entre homme et femme, entre hommes) ;

  • Démystifiez les actes sexuels en expliquant en quoi ils consistent. C’est l’occasion de définir certains mots d’argot ou encore de nouveaux termes sans présupposer de l’activité sexuelle des participantes. Par exemple, au lieu de dire : « Vous devriez utiliser un condom dans vos rapports sexuels », vous pourriez peut-être dire quelque chose comme : « Lorsqu’il y a pénétration vaginale, que ce soit avec les doigts, avec un accessoire ou avec un pénis, l’utilisation du condom réduit le risque de transmission d’ITS, tout comme le risque de grossesse non désirée lorsque le rapport implique pénétration du pénis dans le vagin » ;

  • Parlez d’un continuum de risque dans les rapports sexuels : certaines pratiques sont plus à risque que d’autres, le but étant de se protéger et de protéger son/sa/ses partenaireS au mieux. Par exemple, la pénétration non protégée avec les doigts est moins à risque que la pénétration non protégée avec le pénis.

 

Voici quelques pratiques sexuelles, leurs risques et comment diminuer ces risques

 

Les relations orales : les relations orales non protégées comportent des risques élevés de transmission d’ITS et un faible risque de transmission du VIH. Si vous avez des relations sexuelles orales (un contact buccal avec le vagin, le pénis ou l’anus de votre partenaire), servez-vous d’une digue dentaire, d’un condom ou d’un autre moyen de protection en latex, tel qu’un condom non lubrifié coupé dans le milieu. Une digue dentaire est une pièce carrée de latex dont chaque côté mesure environ 5 pouces (environ 12 cm), qui est généralement disponible dans les magasins de fournitures médicales et dans les cliniques dentaires. Comme ces commerces sont parfois difficiles à trouver, vous pouvez également utiliser de la pellicule de plastique vendue dans les épiceries (utilisez celle qui ne va pas au four à micro-ondes puisqu’elle n’a pas de petits trous).

 

Le toucher ou le sexe manuel : si vous touchez les parties génitales de quelqu’un avec vos mains, faites attention aux petites coupures et aux éraflures qui sont sur vos mains. Ces coupures permettent aux infections d’entrer dans votre corps. Vous pouvez réduire la transmission de liquides organiques en utilisant un moyen de protection en latex, comme des gants de chirurgie (ils ne coûtent pas cher du tout et se vendent en pharmacie!). Vous pouvez aussi vous servir uniquement des doigts du gant en coupant cette partie (qu’on appelle doigtiers) si vous avez seulement des coupures sur les doigts.

 

Le frottement de vagin à vagin : pour réduire le risque de transmission d’ITS, vous pouvez utiliser un grand morceau de latex placé entre votre vagin et celui de votre partenaire. Afin d’augmenter les sensations, vous pouvez appliquer du lubrifiant sur les deux côtés du latex. Assurez-vous de toujours vous frotter contre le même côté du latex. Si vous ne savez plus quel est votre côté, changez de morceau de latex. Vous pouvez aussi couper la fourche de petites culottes et la remplacer par un morceau de latex! Soyez créatives!

 

Les accessoires sexuels : si vous partagez des accessoires sexuels avec votre ou vos partenaireS, comme un godemiché (« dildo »), assurez-vous d’un mettre un condom (et de le changer entre chaque partenaire). Ou, si votre accessoire est en silicone, vous pouvez le faire bouillir pendant 3 minutes pour le stériliser entre les utilisations avec différentEs partenaires.

 

Les pénétrations d’un pénis dans le vagin ou dans l’anus : les condoms sont la meilleure méthode de protection pour éviter les transmissions de ITS et pour éviter les grossesses non-désirées lors d’une pénétration pénis-vagin. Selon les statistiques, environ un jeune sur quatre affirmant avoir eu plusieurs partenaires sexuels n’a pas utilisé de condom lors de son dernier rapport sexuel.37

  • Le pénis devrait être couvert d’un condom ou le vagin d’un condom féminin. Les condoms féminins sont disponibles sans prescription aux mêmes endroits où on trouve les condoms masculins (pharmacie). Au Canada, le condom féminin est une enveloppe douce et transparente faite de polyuréthane. On le place à l’intérieur du vagin avant les rapports sexuels et il protège des ITS (dont le VIH) et des grossesses.38

  • Lorsque vous avez une relation sexuelle anale (pénis ou accessoire dans l’anus), utilisez un condom pour prévenir les risques de transmission d’ITS.

  • Si vous passez de la pénétration vaginale à la pénétration anale pendant une relation sexuelle, assurez-vous de changer de condom. Le passage de l’anus au vagin peut causer de graves infections, même si les partenaires n’ont pas d’ITS.

 

 

Moyens de contraception

Les méthodes contraceptives les plus communes peuvent être classées selon les catégories suivantes : méthodes de barrière, hormonothérapie, dispositifs intra-utérins et contraceptifs d’urgence. Chacune des méthodes est présentée plus en détails dans la partie suivante.

 

 

Les méthodes de barrière créent une barrière de protection qui empêche l’échange de fluides corporels entre partenaires.

 

Préservatifs (protègent des ITS et du VIH)

Lorsqu’on les manipule adéquatement, les préservatifs masculins et féminins protègent très efficacement des ITS, du VIH et des grossesses non désirées.

 

  • Le condom ou préservatif masculin est un manchon en latex ou en polyuréthane qu’on met sur le pénis en érection. Les condoms sont souvent gratuits en clinique et on peut se les procurer en pharmacie sans ordonnance médicale (environ 11 $ la boîte de 12);

 

  • Le préservatif féminin est un obturateur en polyuréthane en forme de poche ou de calotte qu’on insère dans le vagin. On peut se procurer des préservatifs féminins en pharmacie sans ordonnance médicale (environ 16 $ la boîte de 4).

 

 

Barrières cervicales (NE PROTÈGENT PAS des ITS ni du VIH)

  • Le diaphragme est un dôme en latex réutilisable qu’on insère dans le vagin, en plus d’utiliser du spermicide. UnE médecin ajuste le diaphragme à la taille adéquate ; après, on se le procure en pharmacie (40 $) ;

 

  • La cape cervicale est une cupule de silicone qu’on insère dans le vagin et avec laquelle on utilise du spermicide. Tout comme le diaphragme, elle doit être ajustée par unE médecin (40 $).

 

 

L’hormonothérapie consiste à modifier le balancement hormonal du corps en œstrogène et en progestérone pour réguler le cycle menstruel et empêcher la grossesse. Toute méthode de ce type doit être prescrite par unE médecin.

 

(NE PROTÈGENT PAS des ITS ni du VIH)

 

  • Le contraceptif oral, généralement appelé « pilule », est une petite pilule qu’on prend quotidiennement, soit sur 21 jours, soit sur 28 jours. La pilule régule le balancement hormonal du corps, elle est vendue en pharmacie sur ordonnance médicale (entre 15 et 20 $ la boîte pour le mois) ;

 

  • Le timbre, petit et carré, se colle sur la peau, chaque semaine à partir du premier jour du cycle menstruel. Sur une période de quatre semaines, on change le timbre le même jour chaque semaine pendant trois semaines ; on ne l’applique pas la quatrième et dernière semaine. En bref, on le garde tous les jours sauf les sept derniers jours du cycle menstruel. Il fonctionne comme la pilule, si ce n’est que les hormones sont diffusées dans le sang à travers le timbre et non par voie orale. II s’achète en pharmacie sur ordonnance médicale (environ 25 $ par mois) ;

 

  • Le depro provera consiste en l’injection de progestine par unE médecin tous les trois mois. Cette méthode empêche les ovaires de produire des ovules. Chez bon nombre de femmes, les menstruations cessent complètement au bout de 6 à 12 mois d’utilisation39 (environ 40 $ l’injection).

 

 

 

Dispositifs intra-utérins

(NE PROTÈGENT PAS des ITS ni du VIH)

 

  • Le DIU (dispositif intra-utérin), ou stérilet, est un appareil inséré dans l’utérus par unE médecin. Petit, il a la forme d’un T, se compose de cuivre et de plastique et sa durée d’utilisation varie de 2 à 5 ans (son prix varie entre 100 et 400 $).

 

 

Contraceptif d’urgence (hormonothérapie)

(NE PROTÈGE PAS des ITS ni du VIH)

 

  • Le contraceptif d’urgence, communément appelé « pilule du lendemain », est un contraceptif oral qui se prend après avoir eu un rapport sexuel non protégé ou après la défaillance d’une autre méthode contraceptive (quand le condom se déchire, par exemple). On peut le prendre 3 à 5 jours après le rapport non protégé, mais il est recommandé de le prendre au plus vite. La pilule s’achète en clinique et dans certaines pharmacies, où elle coûte souvent plus cher parce qu’on impose une consultation payante. Elle n’est pas en vente dans toutes les pharmacies.


D’autres informations:

  • Les taux de grossesse chez les filles de 15 à 19 ans ont diminué, entre 1997 et 2001, de 43 à 36 par 1 000 filles.40

  • Les adolescentes lesbiennes courent deux fois plus de risques de vivre une grossesse non désirée que leurs paires hétérosexuelles. Contrairement à la croyance populaire, le fait d’être gai ou lesbienne ne signifie pas qu’une personne n’aura jamais de rapports sexuels avec un partenaire qui a un pénis. Les jeunes lesbiennes se retrouvent souvent dans l’étrange situation de devoir éduquer leur médecin au sujet de leurs besoins en matière de santé reproductive.41

Pour plus de ressources sur la santé sexuelle, consultez notre Centre de ressources.


 

1 Girls and Sexual Health, Girls Inc, octobre 2001.

2 Pour plus d’information sur le projet Head and Hands, consultez http://www.headandhands.ca/sense.php

3Commission européenne, Organisation mondiale de la santé, International Planned Parenthood, 1998 et la Canadian Youth, Sexuality and HIV/AIDS Study, Conseil des ministres de l’éducation du Canada avec Santé Canada, Toronto, 2003.

4 Head & Hands, Montreal, “Peer Education : Why It Works for Sex Education.”. http://www.headandhands.ca. consulté le 7 octobre 2007.

5 A.R. Mellanby, R.G. Newcombel, J. Rees and J.H. Tripp “A comparative study of peer-led and adult-led school sex education.” Health Education Research, Vol. 16, No.4, p. 481-492 Oxford U. Press. In Head and Hands, Montreal, “Peer Education : Why It Works for Sex Education.”. http://www.headandhands.ca. Consulté le 7 octobre 2007.

6 Baldo, M. et al. Does Sex Education Lead to Earlier or Increased Sexual Activity in Youth, 1993.

7 Advocates for Youth, juin 2002, “Abstinence-Only-Until-Marriage Education: Abandoning Responsibility to GLBTQ Youth*.

http://www.advocatesforyouth.org/publications/safespace/abstinenceonly.htm, consulté le 7 octobre 2007.

8 Ibid, Advocates for Youth.

9 Société canadienne du SIDA (1998). Models of HIV/AIDS Youth Programs in Canada, Société canadienne du SIDA, 1998.

10 The New Women’s College Hospital, août 2005.

11 Fine, M. “Sexuality, schooling and adolescent females: The missing discourse of desire”, Harvard Educational Review, 1988, in Girls and Sexual Health, Girls Inc, Octobre 2001.

12 Public Health Agency of Canada, janvier 2006.

13 The New Women’s College Hospital, août 2005.

14 Statistiques Canada, Health Report, Vol.16, No.3, 2005.

15 The New Women’s College Hospital, août 2005.

16 Health Canada, Sexually Transmitted Inflections, http://www.hc-sc.gc.ca/dc-ma/sti-its/index_e.html, consulté le 10 octobre 2007.

17 Statistiques Canada, Health Report, Vol.16, No.3, 2005.

18 Canadian Institute for Health Information, 2006.

19 L’Agence de la santé publique du Canada, mai 2002.

20 Centers for Disease Control and Prevention, Department of Health and Human Services, Genital HPV Infection - CDC Fact Sheet, http://www.cdc.gov/std/HPV/STDFact-HPV.htm, consulté le 10 octobre 2007.

21 Santé Canada.

22 Santé Canada.

23 Santé Canada.

24 Le réseau canadien pour la santé des femmes. “HPV vaccine, one year later” dans le magazine du Réseau canadien pour la santé des femmes, printemps/été 2008, Volume 10, Numéro 2, www.cwhn.ca/indexeng.html, consulté le 4 septembre 2008.

25 Ibid.

26 HIV, http://en.wikipedia.org/wiki/HIV, consulté le 10 octobre 2007.

27 Coalition inter agence SIDA et développement, juin 2006.

28 Société canadienne du SIDA.

29 Société canadienne du SIDA, novembre 2004.

30 Agence de la santé publique du Canada, L’infection au VIH et le Sida chez les femmes au Canada, août 2006.

31 L’étude sur les jeunes, la santé sexuelle et le VIH / Sida au Canada publiée en septembre 2003 indique « qu’environ 66 % des élèves de secondaire 1 et 50% des élèves de secondaire 3 ne savent pas qu’il n’existe pas de remède au VIH / Sida.» Cette étude démontre que les jeunes canadiens sont pour la plupart mal informés au sujet du VIH / Sida, en partie à cause de l’absence d’éducation scolaire en la matière ou du manque de cohérence de celle-ci.

32 Coalition inter agence SIDA et développement, juin 2001.

33 Autochtone (d'après la Loi Constitutionnelle de 1982, toujours valide aujourd'hui) sert à désigner trois groupes de peuples indigènes présents sur le territoire maintenant connu sous le nom de Canada: les Premières Nations, les Inuits et les Métis.

34 HIV AIDS Prevention: Messages for Canadian Aboriginal Youth Final Report, mars 2004. http://www.caan.ca/english/grfx/resources/publications/youth_prevent.pdf, p. 3.

35 The New Women’s College Hospital, août, 2005.

36 The New Women’s College Hospital, août, 2005.

37 Statistiques Canada, Rapport sur la santé, Vol.16, No.3, 2005.

38 Agence de la santé publique du Canada, mai 2002. « Condoms

http://www.hc-sc.gc.ca/iyh-vsv/prod/condom_e.html, consulté le 7 octobre, 2007.

39 “Depro provera”, http://www.womenshealthmatters.ca/centres/sex/birthcontrol/depo.html, consulté le 6 juillet 2009.

40 L’Institut canadien d’information sur la santé, 2006.

41 Saewyc EM et al . “Sexual intercourse, abuse and pregnancy among adolescent women: does sexual orientation make a difference?”, Fam Plann Perspect, 1999, 31, p. 127-131, dans Advocates For Youth, Youth Resource, “Young Women Who Have Sex with Women: Falling through Cracks for Sexual Health Care”, http://www.advocatesforyouth.org/publications/iag/ywsw.htm